One Beat One Tree

Un arbre planté virtuellement pousse dans la réalité

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ONE BEAT ONE TREE est une installation artistique créant une forêt de lumière en 3 dimensions. Elle invite le public à planter une graine de lumière qui pousse au rythme des battements de son cœur pour donner naissance à un arbre lumineux et unique. Une fois l’arbre créé virtuellement, un arbre réel, bien physique est planté dans un projet de reforestation. Au regard de tous les services rendus, l’arbre est un allié, un régulateur, une opportunité d’équilibre et de régénération pour l’écosystème. Savoir tirer profit des services écosystémiques de l’arbre offre des gains et avantages multiples tant pour l’agriculteur, les populations locales, l’industriel que pour la planète. Ce dispositif artistique se propose de donner corps aux projets de plantation et permet ainsi à chacun de s’approprier ce présent à travers un acte symbolique poétique. Chaque citoyen devient co-créateur de notre avenir collectif.

A monumental digital atwork that invites each visitor to create a unique virtual tree growing in live at the rythm of his heartbeat. For each virtual tree created, a real tree is planted in a reforestation project. Each visitor can follow the evolution of his tree and the plantation project he took part to.

Each visitor is involved in the project to become an actor of the country’s future. The heart of this project is to reconnect to nature though technology.

Une œuvre d’art digitale monumentale qui invite chaque visiteur à créer un arbre virtuel unique qui pousse en direct en fonction de son rythme cardiaque.
Pour chaque arbre virtuel créé, un arbre réel est planté dans un projet de reforestation.
Chaque visiteur peut suivre son arbre et l’évolution du projet de plantation auquel il a contribué.

by Naziha Mestaoui 2013

Une écologie humaine
Ce dispositif artistique se propose ainsi de donner corps aux projets de plantation et permet ainsi à chacun de s’approprier ce présent à travers un acte symbolique poétique. Chaque citoyen devient co-créateur de notre avenir collectif.

Une expérience sensorielle et immersive
L’installation se présente sous forme d’un volume abstrait, une forêt de fils tendus, dont la forme joue avec la perception des spectateurs. Sur ce support sont projetées des images qui en modifient l’apparence et nous plongent dans l’univers imaginaire et poétique de la forêt.

Un acte de naissance
Cette graine plantée dans l’univers virtuel est le début d’une longue aventure puisque pour chaque arbre virtuel généré, un arbre réel est planté dans le cadre d’un projet de reforestation. Au regard de tous les services rendus, l’arbre est un allié, un régulateur, une opportunité d’équilibre et de régénération pour l’écosystème. Chaque visiteur reçoit un certificat et peut suivre l’évolution de son arbre dans le projet de reforestation auquel il a participé.

by Naziha Mestaoui 2013

Texte de Pascal Pique dans le livre “Voyage entre ciel et terre”

L’œuvre « One beat one tree » de Naziha Mestaoui qui associe la présentation d’une œuvre d’art numérique à une initiative de reforestation appartient à une nouvelle génération de projets. Ici le réel et le virtuel ne sont plus opposés mais associés au profit d’une véritable expérimentation. L’œuvre se présente comme une installation numérique interactive où le visiteur est invité à planter une graine de lumière avant de voir pousser un arbre numérique au rythme des battements de son propre cœur. Cet arbre virtuel qui lui est attribué et auquel il s’identifie, poussera effectivement dans la forêt amazonienne grâce à un programme de reforestation auquel l’artiste a associé son œuvre. Plus de 15 000 arbres ont ainsi déjà pu être replantés.

Cette œuvre puise son énergie, ses racines et sa raison d’être au plus profond de la forêt et de la culture amazonienne, où l’artiste a rencontré et vécu l’étonnante réalité de la «Samauma », l’arbre de vie des peuples Huni Kui et Ashaninka dans la région de l’Acre à l’ouest de l’Amazonie.

Naziha Mestaoui nous fait partager cette fascinante identité de l’arbre qui lui a été transmise par les membres et les chamans de ces populations : « Shunu (Samauma en portugais), est un arbre sacré, l’arbre pilier autour duquel les Huni Kui ou les Ashaninka organisent leurs cérémonies. Il est pour eux comme une bibliothèque à laquelle ils se connectent pour aller y chercher des savoirs. C’est une énergie féminine et bienveillante qui détient de nombreux savoirs concernant les plantes médicinales. En tant qu’arbre le plus grand de la forêt, la Samauma est reconnue comme chef du monde végétal, ce qui signifie que c’est avec elle que l’on négocie.»

L’artiste a fait un considérable travail de recherche et d’imprégnation. Elle est entrée dans une véritable intimité avec les populations et les multiples dimensions du végétal qu’elle nous restitue ici en précisant les fonctions, les attributions et les pouvoirs impartis à l’arbre :

« Pour les Ashanika, la Samauma domine et unit les autres plantes  afin de devenir une chimie et une médecine guérisseuse. Dans l’écosystème, la Samauma a une fonction de matrice qui est à la fois de protéger des milliers d’espèces, mais aussi de soutenir les sols, de prévenir de l’érosion, de dispenser de l’eau et d’irriguer, tout en produisant de l’air. Dans leur cosmogonie, l’être originel Pawa a transformé nombre de ses fils en arbres, oiseaux, ou autres animaux, qui sont autant d’esprits d’enchantement et d’enseignement. La Samauma était une femme qui a été transformée en l’une de ces formes enchantées, pleine de médecines, et destinée à prendre soin de la forêt. La Samauma apparaît dans de nombreux récits, rêves ou visions où elle sauve des peuples des inondations. Dans l’une de ces visions, Moises Piyanko a vu une porte se dessiner sur le tronc de l’arbre et s’ouvrir sur tout un monde organisé. On lui a dit alors « Tu as vu tout ce règne ici, c’est ce qui prend soin de ton propre peuple et de tous ceux qui en ont besoin. Ce règne est dédié à la fonction de ne pas faire tomber les arbres … ». Chez les Huni Kui il faut prendre soin et chanter pour Shunu. Car c’est elle qui permet de recevoir l’énergie spirituelle et de se mettre en lien avec les esprits. » (1)

A travers son œuvre « One beat one tree » Naziha Mestaoui nous reconnecte à l’arbre et à ses vécus mythiques. Par là, elle réinvente et réajuste aussi le rôle qui est traditionnellement imparti à l’artiste en occident. Ayant fait un véritable travail d’immersion de perception et de transmission elle nous initie à ces vécus mythiques en s’inspirant du travail des chamans eux-mêmes. C’est ainsi que « One Beat One Tree » participe à la restauration et au soin de notre culture de l’arbre. Car cette œuvre nous renvoie bien au délicat débat sur la manière avec laquelle nous traitons nos propres arbres dans nos civilisations occidentales.

Note 1: Traduit et retranscrit par Solen Penchèvre, d’après les interviews réalisées durant le premier voyage en Amazonie (2011)

Expositions

- LH Forum, Forum mondial de l’économie positive présidé par Jacques Attali au Havre du 25 au 27 septembre 2013. http://www.lh-forum.com/

Cet événement annonce le partenariat entre Naziha Mestaoui (Electronic Shadow) et Pur Projet (http://www.purprojet.com/fr/), collectif qui oeuvre pour régénérer et préserver les écosystèmes dont nous dépendons.

- Bombay, Techfest , janvier 2013 (plantation en Inde  avec le Techfest Green Campus Challenge soutenu par l’Unep et l’unesco

- Paris, Gaité Lyrique, decembre 2012 (plantation dans l’Acre avec Apiwtxa )

- Rio de Janeiro, Sommet de la terre de l’Onu, Rio+20, Fundicao Progresso , juin 2012 (plantation dans ‘Acre avec Apiwtxa)
station de metro Carioca, juin 2012

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